Recrutement santé : quelles solutions face aux besoins actuels ?
Recrutement santé : quelles solutions face aux besoins actuels ? Par Manon Pomeroy de Timeko Facebook Linkedin Youtube Le secteur de la santé traverse une période complexe en matière de recrutement. Vous dirigez un hôpital, une clinique, un EHPAD ou un centre de soins ? Vous connaissez certainement ce défi quotidien : assurer la continuité des soins tout en maintenant une qualité irréprochable, dans un contexte où il devient de plus en plus difficile de trouver des professionnels qualifiés et disponibles.Aujourd’hui plus que jamais, le recrutement santé est devenu un enjeu stratégique. La réussite d’un établissement se mesure autant à ses pratiques médicales qu’à sa capacité à attirer, fidéliser et mobiliser les professionnels de santé. Une pénurie de soignants qui fragilise les établissements Vous n’êtes pas seul à rencontrer ces difficultés. Selon l’Observatoire des métiers, près de 67 % des établissements déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, souvent liées à une pénurie de candidats ou à un manque d’attractivité des postes. Les causes sont multiples : départs massifs à la retraite, déséquilibre territorial créant des déserts médicaux, conditions de travail jugées difficiles, ou encore aspiration croissante des soignants à un meilleur équilibre vie pro/vie perso. À cela s’ajoute une demande accrue liée au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques. Le résultat ? La pression sur les équipes existantes est énorme, entraînant un turnover important et une baisse de motivation qui impact directement la qualité des soins. Heureusement, le secteur attire encore de vraies vocations ! Entre jeunes diplômés en quête de sens et candidats en reconversion, les effectifs progressent. La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) souligne qu’entre 2013 et 2021, le nombre d’infirmières a augmenté de +8 %, atteignant près de 600 000 professionnelles. Les projections estiment même qu’on pourrait dépasser 820 000 d’ici 2050. Même si les besoins croissent plus vite que les effectifs, cela montre une chose : l’enjeu n’est pas seulement de recruter, mais aussi de donner envie de rester. Des contraintes organisationnelles et budgétaires La gestion des ressources humaines dans votre établissement peut ressembler parfois à un puzzle géant. Vous jonglez entre plannings, absences imprévues, congés maladie, urgences de remplacement, tout en maintenant un service 24h/24. Et les contraintes budgétaires n’arrangent rien. Faute de financements suffisants, difficile de stabiliser les équipes et d’investir dans des conditions attractives. Pourtant, un recrutement de qualité reste essentiel pour la satisfaction des patients et la réputation de l’établissement. Dans ce contexte tendu, la moindre absence devient critique et la désorganisation pèse lourd sur les équipes. Chaque absence non remplacée signifie des soignants surchargés, plus de stress et de fatigue. Alors comment contacter rapidement un remplaçant qualifié ? Comment s’assurer qu’un candidat se présentera bien à son entretien prévu le lendemain ? Ces situations du quotidien révèlent l’urgence de simplifier les process RH. Protéger la qualité de vie de vos professionnels c’est, par ricochet, celle des soins. Malgré ces contraintes, de plus en plus d’établissements innovent. Certains investissent dans la Qualité de Vie au Travail (QVT) : réaménagement des plannings, dialogue social renforcé, meilleures relations employeur-employé. Les guides de l’ARS Île-de-France ou de l’ANACT montrent l’efficacité de ces démarches. L’alternance et les partenariats avec les écoles deviennent aussi des pistes concrètes pour attirer de jeunes diplômés. Former “sur le terrain”, détecter les candidats motivés, faciliter l’intégration… Enfin, les solutions digitales (plateformes de recrutement, outils de planification, viviers de candidats, messagerie instantanée…) complètent ces démarches en rendant les processus plus fluides et réactifs. Les défis actuels du recrutement en santé Les directeurs d’établissements et responsables RH font donc face à trois enjeux principaux : 1. Un manque structurel de personnel Avec des dizaines de milliers de postes vacants dans le secteur sanitaire et social, la tension est permanente. Chaque absence ou départ crée un déséquilibre difficile à compenser, obligeant les établissements à fonctionner en flux tendu. 2. Un turnover et un absentéisme élevés De nombreux soignants quittent leur poste pour chercher des conditions plus soutenables ailleurs, ou se tournent vers des solutions plus flexibles comme l’intérim ou le vacatariat. 3. Des besoins urgents de remplacement Pics d’activité hivernaux, épidémies, absences de dernière minute… tout exige une réactivité maximale. Sans outil adapté, contacter un vivier de candidats devient mission impossible. Ces difficultés ont un coût direct : fermeture temporaire de lits, réduction des consultations, pertes financières. À l’inverse, un processus digitalisé réduit drastiquement le temps passé en appels et relances, libérant des ressources pour les patients. Le cadre réglementaire : quand la qualité du recrutement impacte la certification HAS La certification HAS (Haute Autorité de Santé) est un passage obligatoire pour tous les établissements, publics comme privés. Elle vise à évaluer la qualité et la sécurité des soins, mais aussi à encourager une démarche d’amélioration continue. Depuis 2020, la certification a évolué, elle ne se limite plus à vérifier la conformité mais s’intéresse directement aux résultats concrets pour les patients. 3 axes principaux la structurent : la sécurité des patients la performance organisationnelle l’engagement des usagers Dans ce contexte, un recrutement inadapté ou insuffisant fragilise directement ces trois axes. Un manque de personnel compromet la sécurité des patients, désorganise la performance organisationnelle et limite la capacité d’engagement auprès des usagers. À l’inverse, une gestion RH efficace, capable de pourvoir rapidement les postes vacants et d’assurer la continuité des équipes, devient un levier stratégique de certification. Pourquoi l’intérim et les vacations médicales séduisent les soignants et les établissements ? Quand un soignant souhaite mener une mission courte, deux options s’offrent à lui : l’intérim ou la vacation. L’intérim passe par une entreprise de travail temporaire, tandis que la vacation est en lien direct avec l’établissement. Pour les soignants, les avantages sont nombreux : Flexibilité : choisir ses missions et adapter son rythme Expérience variée : découvrir divers environnements et enrichir ses compétences Tremplin professionnel : possibilité d’embauche après avoir fait ses preuves Rémunération attractive Pour les établissements aussi : Souplesse : ajuster les effectifs aux besoins sans engagement










